Partie 2 : Comment l’amélioration de la qualité façonne les modules
Q: Dans la première partie, nous avons évoqué l’importance de la rétroaction des membres dans le cadre de l’amélioration de la qualité. Quels sont les autres projets d’amélioration de la qualité menés en coulisses?
L’un de ces projets concerne les feuillets d’information destinées aux patients que nous offrons avec certains de nos modules.
Ces feuillets sont conçus pour les patients : nous sélectionnons des informations d’un module pour en faire un document qu’un membre peut télécharger dans son DME et imprimer à l’intention d’un patient. Par exemple, nous avons créé un feuillet pour notre module sur l’ostéoporose; ainsi, si un professionnel pose un diagnostic d’ostéoporose en consultation, il peut remettre au patient un document contenant des renseignements utiles sur cette pathologie.
Une partie du processus de développement consiste à déterminer si un feuillet d’information serait utile et s’il y a déjà du matériel approprié. Il existe de nombreuses ressources de qualité destinées aux patients, et si, par exemple, l’Association canadienne du diabète propose déjà un bon document d’information sur un sujet donné, nous fournirons un lien vers celui-ci plutôt que d’en créer un nouveau.
Nous disposons de lignes directrices concernant la manière dont nous élaborons nos feuillets d’information, et il existe naturellement des variations d’un document à l’autre. Périodiquement, nous revenons sur les feuillets d’information déjà publiés et nous évaluons des aspects tels que la lisibilité, le nombre de mots et les types d’infographies utilisées. Nous synthétisons ensuite nos conclusions et les communiquons à l’équipe. L’objectif est d’analyser ce que nous produisons et de nous demander comment nous pouvons continuer à l’améliorer.
Q: Un autre projet important d’amélioration de la qualité que vous avez évoqué concerne l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité. En quoi cela consiste-t-il exactement?
Ce projet comporte plusieurs volets, et l’un d’entre eux consiste à veiller à ce que nous n’utilisions pas de langage discriminatoire dans les modules, et à ce que notre rédaction soit aussi inclusive que possible. Notre réviseur effectue une relecture de sensibilité dans le cadre du processus de développement des modules, et si des problèmes sont identifiés, ceux-ci nous sont signalés.
Il arrive également que nous devions réfléchir attentivement à la manière dont la recherche elle-même est présentée. Dans la documentation scientifique, les sujets peuvent être regroupés selon certains critères, et nous sommes tenus de communiquer les données de cette manière, mais nous pouvons également fournir un contexte supplémentaire.
Par exemple, une étude peut identifier le fait d’être autochtone comme un facteur de risque pour un problème de santé particulier. Mais l’appartenance autochtone est-elle réellement le facteur de risque en soi? Ou bien ce facteur est-il faussé par des éléments tels que l’accès au logement, l’accès aux soins de santé et d’autres facteurs systémiques? C’est le genre de questions que nous nous posons lorsque nous présentons des informations dans un module.
Q: Que fait-on avec l’information soumise dans les outils de pratique réflexive?
Nous les examinons et préparons un résumé de ce que les membres ont souhaité changer, de ce qu’ils ont été en mesure de changer et des obstacles qu’ils ont rencontrés.
L’une des principales utilisations que nous faisons de ces résumés intervient lorsque nous mettons à jour un sujet. Si nous développons un module sur un sujet que nous avons déjà traité, comme l’ostéoporose, nous pouvons nous référer aux résumés de l’outil de pratique réflexive issus du précédent module sur l’ostéoporose. Qu’est-ce que les membres souhaitaient changer? Qu’ont-ils pu changer? Quelles difficultés ont-il rencontrées? Nous pouvons ensuite vérifier s’il existe de nouvelles données probantes ou des informations pratiques susceptibles d’aider les membres à surmonter certains de ces obstacles, et intégrer ces éléments dans le nouveau module.
Nous utilisons également les résumés de l’outil de pratique réflexive pour nos modules de révision. Tous les ans ou tous les deux ans, nous passons en revue plusieurs modules connexes et identifions certains des points communs que les membres ont eu du mal à modifier. Nous préparons ensuite des cas qui rassemblent les informations issues de ces modules et abordons à nouveau ces obstacles de manière concrète.
Les résumés de l’outil de pratique réflexive servent aussi à préparer notre présentation sur les 10 meilleurs changements de pratique au Forum de médecine familiale et à rédiger des articles pour l’infolettre. Il est également arrivé que des organisations externes s’intéressent à savoir si les membres avaient utilisé un outil particulier que nous avions mentionné dans un module.
Bref, nous ne nous contentons pas de créer un module et de considérer que le travail est terminé. Nous souhaitons également comprendre ce qui se passe une fois que les membres ont étudié un module : ce qu’ils ont trouvé utile, ce qu’ils ont changé, les difficultés qu’ils ont rencontrées, puis utiliser cette information pour nos initiatives futures.

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