Q : D’où est venue la nécessité de réviser et d’adapter la certification Mainpro+® du CMFC relativement au programme?
L’une des avancées les plus importantes pour notre programme – et pour nos membres – a été l’obtention de la certification Mainpro+® pour les trois prochaines années. Cela revêt une importance particulière pour les médecins de famille membres, mais témoigne également, de manière plus générale, de la crédibilité et de la rigueur du programme. Le Collège des médecins de famille du Canada a mis à jour ses normes et ses critères de qualité, ce qui nous a obligés à réexaminer nos processus et à les adapter afin de répondre aux nouvelles attentes.
Nous avons mené ce travail de manière très réfléchie et sommes convaincus d’avoir bien répondu à ces exigences. Ainsi, les membres qui participent au programme, de manière indépendante ou en petit groupe, peuvent facilement satisfaire leurs exigences en matière de crédits de manière. Cette assurance est importante, en particulier à une époque où les attentes en matière de certification évoluent et peuvent être source de stress pour les médecins qui s’efforcent de rester à jour dans tous les domaines.
Q : Les crédits d’évaluation certifiés sont maintenant une exigence essentielle. Quel changement a été apporté au programme pour aider les membres à ce titre?
L’un des changements les plus significatifs est le fait que les crédits d’évaluation certifiés sont désormais pleinement intégrés à notre programme régulier. Auparavant, les membres ne pouvaient obtenir ces crédits que dans le cadre de nos activités d’amélioration de pratique. Désormais, il leur suffit d’étudier un module et d’utiliser l’outil de pratique réflexive et le suivi de l’outil de pratique réflexive pour obtenir directement des crédits d’évaluation certifiés.
Nous considérons cela comme une évolution très positive qui encouragera les membres à effectuer à la fois l’OPR et le suivi de l’OPR. La pratique réflexive et le suivi de l’OPR ne sont pas des compléments, ils sont essentiels à un véritable changement dans la pratique. La lecture d’un module est utile, mais c’est en prenant le temps de réfléchir à votre propre pratique, de planifier des changements et de réévaluer votre pratique que vous pourrez réellement mettre en pratique vos nouvelles connaissances pour améliorer les soins prodigués aux patients. En intégrant des crédits d’évaluation à ce processus, nous renforçons les comportements qui mènent à des changements significatifs et durables.
Q : Pouvez-vous nous expliquer comment les crédits sont dorénavant structurés pour les membres?
Absolument. Les membres qui étudient un module dans le cadre d’un groupe obtiennent cinq crédits certifiés, tandis que ceux qui étudient un module individuellement en obtiennent quatre. De plus, le fait de remplir l’outil de pratique réflexive donne droit à un crédit d’évaluation certifié, et le fait de remplir le suivi de l’outil de pratique réflexive en donne droit à un autre.
Ainsi, pour les apprenants en groupe, cela représente cinq crédits pour le module plus deux crédits d’évaluation certifiés. Pour les apprenants individuels, cela représente quatre plus deux. De plus, nos activités d’amélioration de la pratique offrent encore la possibilité d’obtenir 10 ou 20 crédits d’évaluation certifiés, selon la durée estimée de l’activité.
Une autre nouveauté est que nous sommes désormais certifiés pour offrir des crédits pour les webinaires, à raison d’un crédit par heure de participation en direct, et que la formation des facilitateurs donne également droit à des crédits certifiés. Ensemble, cela crée un programme flexible et favorable qui permet aux membres d’obtenir des crédits d’une manière qui correspond à leur façon d’apprendre et de pratiquer.
Q : Le concept EDIA (équité, diversité, inclusion et accessibilité) faisait également partie du processus de certification. Comment a-t-on géré ce concept dans le cadre du programme?
Le processus de certification nous a donné l’occasion d’examiner de manière très intentionnelle l’accessibilité de l’ensemble du programme. Nous avons toujours été très conscients de cet aspect, mais nous voulions aller encore plus loin. Cela impliquait notamment de revoir la taille des polices, le contraste des couleurs et la lisibilité des modules PDF et du format interactif en ligne.
Les modules interactifs, en particulier, nous permettent de diviser l’information en petits segments, ce qui réduit la charge cognitive et favorise la mémorisation. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec notre fournisseur pour actualiser cette plateforme et nous assurer que nous répondons aux principales normes d’accessibilité. Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais de rendre le programme aussi convivial et inclusif que possible pour le plus grand nombre d’apprenants.
Q : Comment le concept EDIA est-il intégré à la facilitation de façon plus large?
Nous menons actuellement un projet pilote qui intègre les principes EDIA directement dans la formation des facilitateurs et la facilitation des modules. Un petit groupe de facilitateurs et leurs groupes testeront cette approche et feront part de leurs commentaires. L’objectif est de doter les facilitateurs d’outils et d’un langage qui les aident à reconnaître la diversité des perspectives et des expériences, quel que soit le thème du module.
Les patients sont des personnes complexes et multidimensionnelles, et bien que les cas ne puissent être que partiellement retranscrits sur papier, nous voulons que les facilitateurs et les apprenants soient en mesure d’explorer ces différentes facettes lors des discussions. Cette perspective ajoute de la profondeur et de la pertinence à l’apprentissage et reflète mieux les réalités de la pratique clinique.
Q : Prévoit-on élargir le rôle des membres au niveau du contenu des modules?
Oui, et c’est un domaine qui nous passionne vraiment. Nous explorons activement les moyens de mieux prendre en charge les lecteurs d’écran et l’apprentissage audio. Pour certains membres, ce sont des éléments essentielsl pour des raisons d’accessibilité; pour d’autres, c’est une question de flexibilité. Pouvoir écouter du contenu pendant ses trajets quotidiens ou ses tâches quotidiennes peut faire une réelle différence.
En fin de compte, notre objectif est d’aider les membres à maximiser leur temps tout en restant bien attentifs au contenu. Offrir plusieurs façons d’accéder au même contenu permet de s’adapter à différents styles d’apprentissage et à différents emplois du temps.
Q : Le bien-être occupe également un rôle plus important dans le programme. Pourquoi est-il important de se pencher sur cet enjeu?
Nous sommes conscients que si les cliniciens ne prennent pas soin de leur propre bien-être, il devient beaucoup plus difficile pour eux de mettre en œuvre et de maintenir des changements dans leurs pratiques. Bien que nous ne puissions pas répondre à tous les besoins en matière de soutien au bien-être, nous estimons qu’il nous incombe de reconnaître son importance et d’offrir des options pertinentes.
Nous continuons à proposer le cours sur la pleine conscience pour les médecins très occupés, dont une nouvelle session de neuf semaines débutera au printemps, et nous organisons chaque année un ou deux webinaires axés sur le bien-être. Ces activités sont entièrement facultatives, mais elles offrent aux membres qui le souhaitent la possibilité de s’intéresser aux concepts de bien-être de manière structurée et encourageante. Il s’agit d’une partie modeste mais importante du programme global.
Q : Quels sont quelques-uns des principaux développements auxquels les membres peuvent s’attendre en 2026?
L’une des publications récentes les plus significatives est le module sur la santé des populations autochtones, qui a été un projet à long terme et d’une grande importance pour notre organisation. Développé en collaboration avec des contributeurs liés à la direction de la santé des populations autochtones au sein du Collège, ce module offre des ressources exhaustives, des occasions de réflexion et un espace pour un changement significatif des pratiques.
En raison de sa profondeur, nous encourageons les groupes à l’étudier en deux sessions et nous avons créé un guide pour aider les facilitateurs à entretenir des discussions approfondies. Cette approche reflète celle que nous avons adoptée pour d’autres sujets importants, tels que le bien-être des médecins, où des conseils supplémentaires en matière de facilitation peuvent faire une réelle différence.
Q : Pour les membres souhaitant devenir facilitateurs, est-ce que ce processus est maintenant plus accessible?
Le processus est beaucoup plus harmonisé qu’auparavant. Auparavant, la formation des facilitateurs nécessitait une journée complète en personne, ce qui pouvait constituer un obstacle, en particulier pour les personnes vivant dans des régions éloignées. Désormais, les membres suivent trois courtes vidéos de formation, suivies d’une session Zoom de deux heures axée sur les compétences de facilitation, les défis courants et les aspects administratifs du rôle.
Les nouveaux facilitateurs s’adaptent généralement à leur rôle en co-facilitant ou en facilitant deux sessions avant de suivre la formation. Ils retrouvent ensuite leur groupe avec une meilleure compréhension des attentes en matière de facilitation et de l’importance des outils de réflexion. Ces outils permettent vraiment de rendre le changement de pratique intentionnel et réalisable.
Q : Avez-vous des remarques finales pour les membres?
Une initiative dont nous sommes particulièrement fiers est notre participation continue au Forum de médecine familiale, où nous partageons nos 10 meilleurs conseils pratiques. Avec plus de 6000 membres partout au Canada, nous considérons qu’il est essentiel de refléter les changements réels qui sont apportés dans la pratique à l’échelle nationale et de partager cette information avec l’ensemble de la communauté de médecine familiale.
Tout le monde souhaite offrir d’excellents soins et rester à jour, mais ce n’est pas toujours facile. Le partage de stratégies pratiques, de leçons apprises et de petites victoires aide à rendre ce parcours plus facile à gérer. Nous sommes impatients de soumettre à nouveau notre résumé d’étude cette année et, espérons-le, de poursuivre ces conversations à Toronto.
