Erin McLeod a commencé sa carrière dans le domaine de l’éducation en assurant des fonctions administratives dans un centre de formation pour adultes à Montréal. Après avoir repris ses études comme adulte, elle a obtenu un diplôme de premier cycle en sciences sociales et en psychologie avant de s’installer au Royaume-Uni, où elle a travaillé presque dix ans dans le secteur de l’enseignement supérieur.
Elle s’est notamment occupée de l’orientation professionnelle et de la stratégie d’admission, de sélection et d’inscription. À l’Université de Surrey, elle a contribué à l’élaboration d’initiatives de sélection et de planification des activités pour la Faculté de commerce, d’économie et de droit, et a bénéficié d’une bourse du personnel en vue de la réalisation d’un programme de MBA pour cadres (EMBA).
Après avoir passé près de dix ans au Royaume-Uni, Erin est revenue au Canada et a intégré la Fondation pour l’éducation médicale continue (FÉMC) comme directrice de l’administration.
Q. : Qu’est-ce qui vous a d’abord amenée à travailler pour la FÉMC?
Lorsque j’ai passé mon premier entretien d’embauche à la FÉMC, j’en étais encore à me familiariser avec l’organisme et ses programmes. C’était très différent de ce que j’avais connu dans le monde de l’enseignement supérieur, ce qui me rendait l’expérience particulièrement intéressante.
Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est la question de l’impact. C’est ce qui m’a toujours attiré dans le domaine de l’éducation en général : la possibilité de transformer la vie des gens et de la collectivité dans son ensemble. Lorsque j’ai réalisé que la FÉMC intervenait dans le domaine de la médecine familiale et des soins de santé, j’ai trouvé que ça rajoutait une dimension encore plus appréciable.
En même temps, le poste restait étroitement lié au monde de l’enseignement supérieur et aux activités opérationnelles et stratégiques dont je m’occupais dans les universités.
Je me suis donc installée à Hamilton – que je n’avais jamais visité auparavant – et j’ai commencé à travailler à la FÉMC. C’était un peu un saut dans l’inconnu, mais aussi une aventure.
Q. : Quel était le panorama à votre arrivée?
C’était certainement un nouvel environnement pour moi, mais à bien des égards, c’était aussi très stimulant.
Notre activité a une portée nationale, ce qui n’était pas le cas dans mes fonctions antérieures. La FÉMC collabore étroitement avec les médecins de famille de tout le Canada, et elle mène ses activités en anglais et en français, ce qui me convenait, puisque je suis originaire de Montréal.
J’ai également trouvé la diversité des personnes et des points de vue très intéressante. J’ai eu l’occasion de travailler avec des employés internes, des collègues syndiqués de l’enseignement supérieur, des prestataires externes et des médecins des quatre coins du pays. Ça crée un environnement très collaboratif et dynamique.
Pendant cette première année, je me suis appliquée à en apprendre le plus possible sur l’organisme, le secteur et la manière dont la formation médicale continue s’inscrit dans le paysage des soins de santé en général.
Q. : En quoi votre rôle a-t-il évolué au fil du temps?
Durant ma deuxième année en poste, j’ai commencé à réfléchir de manière plus stratégique aux moyens de tirer parti des atouts de l’organisme et de continuer à le faire progresser.
J’ai pu constater l’émergence de certaines tendances, par exemple le fait que de nombreux médecins approchent de la retraite et qu’il est possible d’améliorer la communication concernant le programme. J’ai aussi repéré des domaines dans lesquels nous pouvions renforcer la culture et les processus internes.
À partir de là, nous avons mis en place un processus progressif de changement raisonné, en réfléchissant à ce qui pourrait véritablement renforcer la structure organisationnelle et favoriser son essor.
Le cycle PMEA (Planifier, Mettre en œuvre, Évaluer, Agir), mis en œuvre par la FÉMC dans ses programmes de formation, a servi de cadre d’orientation dans cette démarche. J’ai réalisé qu’il était logique d’appliquer le même mode de pensée au développement organisationnel.

Q. : De quoi êtes-vous le plus fière?
Je pense que ce dont je suis le plus fière, c’est de l’évolution de notre culture organisationnelle.
La FÉMC a connu de nombreux changements au fil des ans, tant dans le secteur de l’enseignement supérieur que dans celui des soins primaires en général. Dans ce contexte, nous nous sommes efforcés de créer un climat de collaboration et de soutien au sein de l’équipe.
Nous ne pratiquons pas la culture du blâme. Les gens se soutiennent mutuellement et tout le monde – y compris les directeurs – met la main à la pâte lorsque c’est nécessaire. C’est une équipe peu nombreuse, mais très dévouée.
Quand je repense à ces neuf dernières années, l’évolution de cette culture interne est vraiment remarquable. Elle nous a permis d’avancer plus vite et d’accomplir davantage, et je suis extrêmement fière d’y avoir contribué.
Q. : Y a-t-il un domaine particulier que vous étiez particulièrement emballée à l’idée de faire évoluer?
Lorsque j’ai intégré la FÉMC, le marketing direct soulevait certaines réticences. En tant qu’organisme à but non lucratif, on peut avoir l’impression que le marketing n’est pas nécessaire.
Mais en réalité, même les ONG ont besoin d’une forte image de marque pour rester viables. Le marketing ne consiste pas à vendre un produit, mais à aider les gens à comprendre la valeur de ce que vous proposez.
La FÉMC jouissait déjà d’une solide réputation grâce au bouche-à-oreille, ce qui témoigne de la qualité du programme. Mais il était possible de mieux faire connaître l’organisme et de lui donner plus de visibilité.
C’est ainsi qu’une initiative marketing à part entière a vu le jour. Nous nous sommes associés à l’équipe de Hobé Hosokawa Marketing, une agence spécialisée dans le secteur à but non lucratif et axée sur le bien commun. Avec leurs conseils, nous avons changé d’image de marque, rafraîchi le site Web et lancé des chaînes de médias sociaux.
Depuis, les initiatives de communication et de marketing sont devenues partie intégrante de notre ADN et nous continuons à en élargir la portée, en nous adressant activement aux membres actuels et prospectifs.
Il est extrêmement gratifiant de constater l’ampleur qu’ont prise ces activités au cours des cinq dernières années.
Q. : Qu’avez-vous le plus apprécié pendant votre mandat à la FÉMC?
Au cours des neuf dernières années, j’ai eu l’occasion de travailler avec des personnes venant d’horizons très différents de tout le Canada. Les membres de notre conseil d’administration sont profondément engagés dans leur travail et, au fil du temps, ces relations se sont transformées en des liens solides fondés sur la confiance.
C’est la même chose au sein de l’organisme. Qu’il s’agisse de notre personnel de soutien, de nos prestataires, de nos directeurs ou de nos partenaires, chacun apporte son expertise et son point de vue.
C’est aussi là que j’ai le plus progressé sur le plan professionnel. En travaillant dans un secteur qui ne m’était pas familier, j’ai été amenée à acquérir de nouvelles compétences et à envisager différemment le leadership et le changement.
Mais la plus grande leçon que j’ai tirée c’est qu’on peut accomplir beaucoup de choses lorsque tout le monde coopère et s’appuie sur les forces des uns et des autres.
Q. : Qu’est-ce qui vous manquera le plus?
Partir n’a pas été une décision facile. L’expérience a été extrêmement enrichissante et m’a marquée d’une manière que je n’avais pas imaginée. Les gens, le travail et le sentiment d’utilité lié à l’investissement dans le domaine des soins primaires, tout cela va me manquer.
Même si je renoue plus directement avec l’enseignement supérieur, je pense que cet impact des activités de la FÉMC sur les soins de santé me manquera. C’est quelque chose qui me tient très à cœur maintenant.
En même temps, le moment est bien choisi. Nous avons accompli beaucoup de choses ces dernières années et nous venons de mettre au point le prochain plan stratégique.
La FÉMC est en position de force à l’horizon de 2030, et je suis impatiente de voir ce que l’avenir nous réserve.
