Pleins feux : Néphropathie chronique, maladie cardiovasculaire et diabète
La Ligne directrice de pratique clinique KDIGO (The Kidney Disease: Improving Global Outcomes) pour la prise en charge de la néphropathie chronique a été mise à jour en avril 2024. En voici les faits saillants :
- Utiliser un iSGLT2 pour traiter :
- Les patients atteints de diabète de type 2 (DT2), de néphropathie chronique et dont le TFGe est ≥ 20 mL/min
- Les adultes atteints de néphropathie chronique et présentant : un TFGe ≥ 20 mL/min et un RAC urinaire ≥ 200 mg/g, ou une insuffisance cardiaque
- Les adultes présentant un TFGe de 20 à 45 mL/min avec un RAC urinaire < 200 mg/g
- Utiliser un AR GLP-1 de longue durée d’action pour traiter les adultes atteints de DT2 et de néphropathie chronique qui n’ont pas atteint leurs cibles glycémiques avec la prise de metformine et d’un iSGLT2 (ou qui ne peuvent pas prendre ces médicaments).
Le module sur la Néphropathie chronique (août 2020) recommande également l’utilisation des iSGLT2 pour les patients atteints de néphropathie chronique et de DT2 qui remplissent certaines conditions.

Prévenir la récurrence de vaginose bactérienne
Le New England Journal of Medicine a récemment publié les résultats d’une étude menée auprès de femmes atteintes de vaginose bactérienne et présentement en relation monogame avec un partenaire masculin, dans le but d’évaluer les effets du traitement concurrent du partenaire sur la récurrence de la vaginose bactérienne pendant 12 semaines. Les femmes avaient reçu le traitement antimicrobien recommandé en première instance, alors que dans le groupe de femmes dont le partenaire était traité, les partenaires masculins avaient reçu à la fois des agents antimicrobiens par voie orale (comprimés de métronidazole à 400 mg) et par voie topique (crème de clindamycine à 2 % appliquée sur la peau pénienne) deux fois par jour pendant une semaine. Dans le groupe témoin, les femmes recevaient le traitement, mais pas leur partenaire masculin. On a demandé à tous les couples d’éviter tout contact sexuel pendant le traitement. Le groupe avec partenaire traité incluait 69 couples, alors que le groupe témoin comprenait 68 couples.
Résultats
- Le taux de récurrence était de 35 % chez les femmes du groupe avec partenaire traité, et de 63 % dans le groupe témoin.
- L’intervalle moyen de temps précédant la récurrence était de 73,9 jours dans le groupe avec partenaire traité et de 54,5 jours dans le groupe témoin.

Risque d’AVC et d’infarctus du myocarde avec l’utilisation d’une contraception hormonale
Une étude de cohorte prospective nationale menée au Danemark et publiée dans le BMJ, s’est basée sur des données d’un registre national (n= > 2 millions) pour étudier le lien entre la contraception hormonale et le risque d’AVC et d’infarctus du myocarde. Les participantes étaient âgées entre 15 et 49 ans et ont été triées d’après les critères d’exclusion suivants : antécédents de thrombose artérielle ou veineuse, utilisation d’hormonothérapie, traitement de l’infertilité, endométriose et hystérectomie.
Sommaire des résultats clés
| Type de contraception hormonale | Taux d’incidence normalisé par 100 000 personnes-années : AVC ischémique | Taux d’incidence normalisé par 100 000 personnes-années : Infarctus du myocarde |
|---|---|---|
| Aucune | 18 | 8 |
| Contraception orale combinée | 39 | 18 |
| Anneau vaginal combiné | 46 | 49 |
| Timbre hormonal combiné | 17 | – |
| Pilules à progestatif seul | 33 | 13 |
| Implant sous-cutané à progestatif seul | 28 | – |
| Injection à progestatif seul | 24 | – |
| Dispositif intra-utérin à progestatif seul | 23 | 11 |
Le module Mise à jour sur les méthodes contraceptives (août 2023) inclut également de l’information sur le risque accru d’AVC ischémique et d’infarctus du myocarde avec l’utilisation de contraceptifs oraux combinés. Les niveaux de risque absolu étaient inférieurs à ceux déclarés dans cette étude et étaient fondés sur une étude de cohorte danoise antérieure portant sur la contraception hormonale (tableau 4).

Traitement par ventilation en pression positive continue (VPPC) pour l’apnée du sommeil d’origine obstructive et risque de mortalité
La revue The Lancet Respiratory Medicine a récemment publié une revue systématique et une méta-analyse de 10 ÉCR et 20 études comparatives non randomisées (ÉCNR) ajustées en fonction de variables confusionnelles (n= > 1,1 million). Le risque de mortalité cardiovasculaire (RRI 0,45) et de mortalité de toutes causes (RRI 0,63) était significativement inférieur chez les patients utilisant une VPPC comparativement à ceux qui n’en utilisaient pas.
L’étude était financée par ResMed (une compagnie de produits de traitement de l’apnée du sommeil) et 4 auteurs sont identifiés à titre d’employés de ResMed et d’autres comme ayant reçu un financement de la compagnie. Le fait qu’une importance significative ait été atteinte avec les données d’ÉCNR, mais pas d’ÉCR, entre les groupes avec VPPC et sans VPPC, a été avancée par les auteurs comme étant causée par l’absence de puissance statistique dans les ÉCR.
Le module Apnée du sommeil d’origine obstructive chez l’adulte (novembre 2023) aborde également les risques sur la santé de l’ASO non traitée, y compris la mortalité cardiovasculaire (Renseignements généraux, points 7, 8) et inclut les détails d’une étude sur la réduction du risque de mortalité cardiovasculaire avec une adhérence du traitement par ≥ 4 heures par jour (Renseignements généraux, point 22).