Analyse des données probantes sur le jeûne intermittent
Une revue systématique Cochrane concernant les issues du jeûne intermittent chez les adultes en surpoids ou obèses a récemment été publiée. Elle comprend 22 études (n = 1995). Les études devaient durer au moins 4 semaines et comporter un suivi d’au moins 6 mois pour y être incluses.
Faits saillants sur le jeûne intermittent
Comparativement aux conseils d’ordre diététique habituels :
- peu ou pas de différence en matière de perte pondérale (preuves de faible certitude)
- peu ou pas de différence en matière de qualité de vie (preuves de faible certitude)
- peu ou pas d’effet quant à la réduction de 5 % du poids corporel (preuves de très faible certitude)
- peu ou pas d’effet quant aux évènements indésirables (preuves de très faible certitude)
Module connexe : Dans le module « Prise en charge de l’obésité chez l’adulte » (novembre 2024), les données probantes disponibles au moment de la publication indiquaient que le jeûne intermittent pouvait avoir des effets bénéfiques sur la perte de poids et les paramètres métaboliques (Renseignements généraux, point 21).

Variations de la masse maigre pendant la perte de poids
Une revue systématique et une méta-analyse comparant les variations de la masse maigre entre des interventions comportementales intensives et une pharmacothérapie à base d’incrétinomimétiques (agonistes du récepteur du GLP-1 et doubles agonistes du GLP-1 et du GIP) ont récemment été publiées dans la revue Diabetes, Obesity and Metabolism. Les auteurs ont défini la masse maigre comme le poids corporel total moins le poids de l’adiposité.
En tout, 20 études comparatives randomisées (n = 15 782) menées auprès d’adultes en surpoids ou obèses, ayant fait l’objet d’interventions d’une durée d’au moins 12 semaines, ont été incluses.
Principaux résultats
Aucune différence significative n’a été notée entre les interventions comportementales standard et les agonistes de l’incrétine pour ce qui était de la perte de masse maigre, qui serait une conséquence physiologique de la perte pondérale. L’ajout d’un entraînement contre résistance aux interventions comportementales a permis de réduire considérablement la perte de masse maigre.
| Traitement | Pourcentage de masse maigre par rapport à la perte pondérale totale | Niveau de certitude des données probantes |
|---|---|---|
| Sémaglutide | 35.2 | Modéré |
| Tirzépatide | 25.4 | Élevé |
| Liraglutide | 26.8 | Modéré |
| Interventions comportementales | 26.2 | Modéré |
| Interventions comportementales + entraînement contre résistance | 17.5 | Élevé |
Recommandations cliniques
Voici quelques recommandations pour préserver la masse maigre pendant une perte de poids (que ce soit par des interventions comportementales ou pharmacologiques) :
- Entraînement contre résistance graduel à raison de 2 à 3 séances par semaine (preuves solides)
- Apport adéquat en protéines réparti sur tous les repas (preuves de qualité modérée)
- Un rythme de perte pondérale cible de 0,5 à 1 kg par semaine, pour réduire la perte musculaire (preuves de qualité modérée)
- Contrôle régulier de la composition corporelle
Les auteurs recommandent également d’accorder une attention particulière au maintien de la masse maigre chez les personnes âgées et les patients présentant des facteurs de risque sous-jacents de sarcopénie.
Module connexe : Il est question des lignes directrices en matière d’activité physique et des données sur la sarcopénie (y compris les exercices contre résistance) dans le module intitulé « Aperçus en matière de gestion du poids corporel et de nutrition » (février 2026).