La Dre Dana McKay est médecin de famille et possède plus de 20 ans d’expérience dans la pratique clinique, l’éducation médicale et la santé publique. Elle est actuellement directrice du programme d’apprentissage basé sur la pratique à la Fondation pour l’éducation médicale continue et travaille comme assistante chirurgicale au Waterloo Regional Health Network. La Dre McKay a passé de nombreuses années dans les services de santé des étudiants de l’université de Waterloo, où elle s’est concentrée sur la santé mentale des étudiants, et a contribué au comité consultatif du président sur la santé mentale des étudiants. Elle a également travaillé dans le domaine de la santé publique, notamment au niveau des programmes de santé sexuelle et de réduction des risques dans la région de Waterloo.
Q: À quel moment êtes-vous devenue membre de la FÉMC?
Je suis devenue membre de la FÉMC juste après avoir terminé ma résidence en médecine familiale en 2005. À l’époque, un groupe d’entre nous – nouvelles mamans et jeunes diplômés – s’est réuni pour former un groupe d’apprentissage. Nous en étions tous à des stades différents de nos premiers pas dans la pratique, et l’environnement était tellement collégial. Nous apportions des collations et parfois même nos bébés à nos réunions! L’une des membres avait suivi une formation à McMaster, où l’apprentissage en petits groupes était privilégié, et elle nous a donc présenté le programme. J’avais étudié à l’Université de Toronto, où l’apprentissage en petits groupes n’était pas aussi important, et j’étais donc impatiente d’en savoir plus.
C’était un excellent moyen de rencontrer d’autres médecins et de créer un sentiment de communauté dans une nouvelle ville. Plus encore, cela m’a permis de rester à jour et de discuter des questions concrètes qui se posent dans la pratique, en particulier de ce que je n’avais pas appris pendant ma résidence.
Q: Comment le fait de faire part d’un petit groupe vous a-t-il aidé durant vos premières années de pratique?
Les réunions régulières m’ont permis de me sentir moins isolée. Nous pouvions poser des questions et en parler dans un climat de sécurité et de soutien. C’était très important. Je n’avais pas l’impression de devoir prétendre que je savais tout.
Je me suis rendu compte qu’il y avait encore beaucoup à apprendre, non seulement sur les lignes directrices cliniques, mais aussi sur la pratique quotidienne, par exemple sur la façon de gérer les retards en clinique, de fixer des limites avec les patients ou de réagir lorsque quelque chose ne va pas lors d’une consultation. Ce sont des éléments que nous n’avons pas vraiment abordés pendant la résidence.
C’était aussi l’occasion de comprendre comment appliquer les données probantes dans le monde réel. Parfois, ce que l’on nous enseignait ne correspondait pas aux lignes directrices actuelles ou aux meilleures pratiques. C’était une leçon d’humilité, mais aussi une source d’inspiration. Cela m’a permis de ne plus me fier uniquement à ce que l’on m’avait enseigné, mais d’actualiser activement mes connaissances et de remettre en question mes hypothèses. Cet état d’esprit ne m’a jamais quittée depuis.
Q: Qu’est-ce qui vous a amené à assumer un rôle de leadership dans la FÉMC par la suite?
J’ai commencé par devenir formatrice de facilitateurs, ce qui m’a beaucoup plu. J’ai adoré les discussions et apprendre à connaître des médecins et des infirmières praticiennes de tout l’Ontario. Chacun apportait des perspectives et des styles d’apprentissage différents – certains préféraient les balados, d’autres aimaient lire, et d’autres encore voulaient des outils pratiques. Ce partage des connaissances m’a donné de l’énergie.
Au fil du temps, j’ai été invitée à me joindre à l’équipe en tant que directrice adjointe. Melissa Vyvey et moi avons eu une merveilleuse conversation sur ce rôle, et j’ai sauté sur l’occasion qui m’était offerte. L’éducation a toujours été une de mes passions, et cela m’a semblé être un prolongement naturel – soutenir le programme que j’aimais tant tout en restant moi-même engagée.
Q: Quelles ont été vos premières responsabilités en tant que directrice adjointe?
J’ai d’abord soutenu des projets menés par la Dre Vyvey et Stephanie Derka, à raison d’une demi-journée par semaine. C’était gérable par rapport à mon travail clinique et c’était un excellent moyen d’apprendre les ficelles du métier. L’un des principaux projets auxquels j’ai participé était le module interactif en ligne, que le Dr Tom Elmslie et Stephanie Derka commençaient tout juste à développer à l’époque.
Par la suite, je suis devenue directrice du programme d’apprentissage basé sur la pratique (PABP) individuel et j’ai contribué à développer davantage de contenu, à façonner le lancement de notre module interactif et à examiner comment nous pouvions répondre aux besoins des membres qui ne pouvaient pas participer à des groupes ou qui préféraient simplement apprendre de manière autonome.
Au fur et à mesure que le programme d’apprentissage individuel se développait, nous avons commencé à voir des possibilités de l’intégrer au programme d’apprentissage en petits groupes. C’est ainsi qu’est né le programme d’apprentissage basé sur la pratique (PABP). Il est intéressant de voir comment les deux programmes peuvent fonctionner ensemble pour offrir plus de flexibilité et de valeur à nos membres.
Q: Quels ont été les avantages de fusionner les programmes d’apprentissage en petits groupes et individuel?
Avant la fusion, les participants devaient choisir : soit ils se joignaient à un groupe, soit ils étudiaient les modules seuls. Il n’était pas possible de mélanger les deux.
Désormais, tout le monde fait partie du même programme. Vous pouvez participer à un groupe et étudier les modules individuellement lorsque cela vous convient mieux. Par exemple, si votre groupe saute un module qui vous intéresse, vous n’avez pas à vous en priver. Vous pouvez l’étudier par vous-même et obtenir des crédits Mainpro+. Si vous êtes absent et que vous manquez une réunion, vous pouvez toujours suivre la formation de manière indépendante et rester en contact.
Cette structure reflète mieux la façon dont les médecins apprennent dans la vraie vie. Les besoins des membres changent – certains peuvent se trouver dans une zone rurale sans groupe à proximité, d’autres peuvent avoir des contraintes d’horaire, et d’autres encore peuvent préférer étudier des sujets spécifiques de façon autonome. En intégrant les deux formats, nous donnons aux membres la possibilité d’apprendre de la manière qui leur convient le mieux.

Q: Avez-vous constaté un impact quelconque sur le taux de participation en groupe après la fusion des programmes?
C’est un aspect que nous voulions suivre de près. Nous avons mené un projet pilote pour tester le nouveau modèle de programme combiné et nous avons été heureux de constater que la participation aux groupes est restée forte. Les membres apprécient toujours l’expérience du groupe – c’est un moyen très utile de réfléchir, d’échanger et d’apprendre. Le fait d’effectuer les modules individuellement leur a simplement donné plus d’outils et d’options.
Q: Pourriez-vous nous décrire vos expérience lorsque vous avez présenté au Forum en médecine familiale (FMF) l’an dernier?
Ce fut un moment de grande fierté. Nous avons présenté des informations sur les cinq modules les plus importants et sur les types de changements de pratique signalés par les membres. Stephanie Roder, notre coordinatrice de la recherche, a réalisé un travail remarquable en rassemblant les données et les témoignages de toute la province, ce qui a vraiment permis de montrer l’impact de la FÉMC.
Ce fut également un plaisir de travailler avec l’ensemble de l’équipe sur la présentation. Le Dr Haider Saeed et moi-même avons participé à la présentation, et même si nous étions un peu nerveux au début – surtout lorsque nous avons vu la taille du public – nous avons été agréablement surpris par l’expérience positive que nous avons vécue. Le public nous a posé d’excellentes questions et nous avons rencontré de nombreux participants qui découvraient la FÉMC pour la première fois.
Q: Allez-vous présenter encore cette année?
Oui, nous sommes ravis d’être à nouveau acceptés, cette fois à Winnipeg. La présentation portera sur un nouvel ensemble de modules et de changements de pratique pour le cycle 2024-2025. Il s’agit d’un projet cher au Dr Peter Tzakas, notre directeur du PABP pour résidents, et Haider et moi sommes heureux de le présenter à nouveau si nécessaire. C’est une excellente occasion de nouer des liens avec des collègues et de mettre en lumière les réalisations extraordinaires de nos membres.
Q: Quels sont les projets en cours de la FÉMC qui vous motivent le plus?
Il y a beaucoup de projets qui m’enthousiasment, dont celui qui consiste à aider les membres de longue date à tirer pleinement parti du programme fusionné. Certains ne se rendent peut-être pas compte qu’ils ont désormais accès à la fois à l’apprentissage en groupe et à l’apprentissage individuel, le tout dans le cadre d’une seule adhésion. Nous voulons nous assurer qu’ils savent à quel point le programme est devenu flexible et convivial.
Un autre domaine est l’évolution continue de nos modules interactifs. Ceux-ci sont conçus pour être plus intéressants et réduire la charge cognitive en présentant le contenu en plus petits segments. Nous avons ajouté des fonctions telles que le surlignage et la prise de notes, de sorte que les apprenants peuvent créer un PDF personnalisé de leurs principaux points à retenir. Il est ainsi plus facile de s’y référer ultérieurement lors de la prise en charge des patients, et les différents styles d’apprentissage sont pris en compte.
Q: Qu’y a-t-il d’autre de nouveau ou de prévu?
Nous sommes sur le point de déployer un sondage d’opinion auprès des membres afin de mieux comprendre qui sont nos participants et comment nous pouvons rendre le programme plus équitable et plus inclusif. Il s’agit d’une étape essentielle pour s’assurer que la FÉMC reflète et appuie la diversité de la communauté de la médecine familiale.
Nous nous penchons également sur les caractéristiques d’accessibilité et sur l’expansion de nos partenariats. Nous discutons avec des concepteurs de DME et des organisations de recrutement de médecins pour voir comment nous pouvons mettre nos ressources à la disposition d’un plus grand nombre de personnes et à plus grande échelle.
Q: Y a-t-il d’autres projets à venir?
L’une des grandes priorités est la certification. Le Collège des médecins de famille a mis à jour ses normes de certification Mainpro+, et nous préparons notre dossier pour répondre aux nouvelles normes. Les changements comprennent une plus grande importance accordée aux activités d’évaluation et à l’intégration de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de l’accessibilité dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes – des aspects auxquels nous accordons déjà la priorité, mais que nous alignons désormais de manière plus formelle. Nous pouvons rassurer les membres : même si les crédits Mainpro+ changent, notre programme continuera à offrir la possibilité de satisfaire aux exigences du CMFC en matière de crédits Mainpro+ pour le cycle annuel et le cycle quinquennal. Ce dossier représente beaucoup de travail, mais c’est aussi une excellente occasion de démontrer la rigueur éducative et la valeur de ce que nous offrons. Nous sommes fiers du programme que nous avons mis sur pied et je suis impatiente de voir où nous pourrons l’amener par la suite.
