La Dre Loredana Di Santo est médecin de famille et exerce à Maple, en Ontario, depuis 20 ans. Après avoir dirigé son propre cabinet pendant 18 ans, elle s’est associée à la clinique Family Health Navigation Clinic de Mackenzie Health, qui aide les patients sans médecin traitant en leur fournissant des soins de transition après une visite aux urgences et en les mettant en relation avec des médecins de famille de la communauté. Elle travaille dans les deux sites de l’organisation, l’hôpital Mackenzie Richmond Hill et l’hôpital Cortellucci Vaughan, tout en continuant à contribuer à sa clinique d’origine en tant que remplaçante.
Q : Comment votre parcours au sein de la Fondation a-t-il débuté?
J’ai commencé à m’impliquer auprès de la FÉMC au début de ma carrière, lorsque je faisais partie d’un petit groupe qui recevait fréquemment des invitations à participer à des tables rondes organisées par la Fondation. À l’époque, l’une de ces occasions a retenu mon attention et j’ai décidé d’y participer.
J’ai trouvé les discussions stimulantes, collaboratives et instructives. Au fil du temps, l’équipe de la Fondation s’est familiarisée avec mon travail et mon point de vue, et m’a finalement invité à rejoindre l’équipe en tant qu’auteur de modules en 2012. Cette évolution m’a semblé naturelle, chaque rôle s’appuyant sur le précédent et approfondissant mon lien avec le travail.
Q: En quoi consiste votre rôle d’autrice de module?
Lorsque la Fondation identifie de nouveaux sujets, elle contacte des auteurs pour diriger le développement de modules spécifiques. J’ai tendance à choisir des sujets que j’ai vus dans la pratique et qui éveillent également ma curiosité. Je souhaite apporter une expérience significative au module, mais aussi élargir mes propres connaissances. Cette combinaison m’aide à aborder le processus en sachant clairement où se situent les lacunes pratiques, tant pour moi-même que pour les autres cliniciens.
Nous commençons par former une équipe de rédaction principale, examiner le sujet et identifier les principaux défis auxquels sont confrontés les cliniciens. Je m’appuie sur des cas réels de patients pour ancrer la discussion et définir les objectifs d’apprentissage.
Une fois la structure initiale élaborée, nous organisons des tables rondes avec des médecins de tout le pays. Ces conversations sont inestimables : elles nous aident à vérifier si les cas semblent réalistes, si les défis correspondent à la pratique quotidienne et si nous abordons les questions auxquelles les cliniciens sont réellement confrontés.
Ensuite, je peaufine les cas en utilisant toutes les informations recueillies, tandis que le rédacteur médical apporte les preuves, depuis les voies diagnostiques jusqu’aux stratégies de traitement, y compris les soins pharmacologiques et non pharmacologiques. Le rédacteur en chef de notre équipe veille à l’exactitude et à la rigueur des données factuelles. Notre objectif est toujours le même : créer un module fondé sur des données probantes, mais suffisamment pratique pour que les cliniciens puissent l’intégrer directement dans leur pratique.
Nous voulons que les membres repartent avec une idée plus claire de leurs lacunes, de leurs points forts et des approches fondées sur des données probantes qu’ils peuvent adopter pour améliorer les soins prodigués aux patients.
Q: Avez-vous un exemple de module que vous avez eu un plaisir particulier à élaborer?
L’un de mes modules préférés était celui sur la stéatose hépatique non alcoolique, que j’ai rédigé en 2019. À l’époque, il s’agissait encore d’un domaine relativement nouveau pour de nombreux cliniciens, et les ressources disponibles pour orienter la prise en charge en soins primaires étaient limitées.
Notre défi consistait à créer une approche qui aiderait les médecins à identifier rapidement et en toute confiance les patients présentant un risque faible, intermédiaire ou élevé, et à comprendre les mesures appropriées à prendre pour chaque groupe.
Développer ce parcours clinique à partir de zéro était à la fois difficile et passionnant. Nous l’avons construit au cas par cas, en y intégrant soigneusement des preuves et en le façonnant grâce aux commentaires recueillis lors de tables rondes.
On s’est ainsi retrouvé avec un outil vraiment pratique qui a aidé les cliniciens à comprendre comment appréhender cette affection, comment hiérarchiser les risques et comment prendre en charge les patients de manière structurée et fondée sur des données probantes. Bien sûr, les choses ont beaucoup évolué depuis la rédaction de ce module, mais ce type de travail créatif et axé sur les solutions est l’un des aspects de la rédaction que j’apprécie le plus.
Pour l’avenir, je suis également enthousiaste à l’idée que l’IA puisse soutenir le développement de modules, en nous aidant à maintenir des bases factuelles solides tout en rationalisant une partie du travail lié à la collecte, à la synthèse et à la présentation des informations cliniques, et même en contribuant à la création d’outils pratiques que les cliniciens peuvent utiliser sur le lieu de soins.
Q: Pourquoi est-il si agréable selon vous de travailler avec l’équipe de développement de module?
L’une des choses que j’apprécie le plus dans mon métier d’auteur, c’est l’environnement collaboratif. Chaque module rassemble un rédacteur médical, un auteur et un rédacteur en chef ou éditeur, et nous nous soutenons mutuellement tout au long du processus.
On n’a jamais l’impression de travailler seul : si un défi se présente, nous le relevons ensemble, chacun apportant ses points forts. L’équipe est attentionnée, engagée et pleinement déterminée à produire des modules de qualité supérieure qui feront la différence pour les cliniciens et leurs patients.
C’est un environnement fondé sur le respect mutuel, un objectif commun et un enthousiasme sincère pour le travail. Cette combinaison rend chaque projet non seulement productif, mais aussi vraiment gratifiant.